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Dans le cadre du concours Petites combines et bon tuyaux, le collectif a développer sa vision d'une pépinière
d'entreprise spontanée et à petits moyens. Le projet sera exposé du 28 juin au 2 septembre 2013 dans le cadre du festival petites machines à habiter.
Posture architecturale
D’un côté, une ville contemporaine qui, par son développement insatiable et son étalement, génère de nombreux espaces résiduels. De l’autre, un contexte de crise économique, qui pose la
problématique d’espaces de travail pour activités naissantes. Le projet : coloniser une zone de délaissé urbain pour y implanter une micro-entreprise ! Le site : un interstice urbain,
résidu de circulation ; outre sa localisation proche des transports en communs, il offre l’avantage d’être au cœur d’un pôle économique de Grenoble situé dans une zone franche urbaine. Le
projet propose un module de base, offrant un espace de 15m², appropriable selon l’activité qui s’y développe, avec une possibilité d’extension. Ce module peut être mis en réseau, jusqu’à
générer une véritable pépinière comportant des espaces extérieurs communs, favorisant de surcroit rencontres et dynamique économique. L’objectif : participer à la création de la ville
soutenable, en redonnant vie aux espaces morts de la ville contemporaine !
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Scénario d’occupation des lieux
Au cœur des Alpes françaises, Grenoble, ville en pleine métamorphose, a la particularité d’être plate sur 90% de sa superficie. La municipalité y mène une politique de déplacements doux
et favorise l’utilisation du vélo avec un important réseau de pistes cyclables.
C’est dans ce contexte qu’Adèle, jeune bricoleuse, a eu l’idée de créer son atelier de réparation de vélo. Souhaitant à la fois limiter son investissement et profiter d’une dynamique de
groupe, elle choisit de s’implanter avec d’autres jeunes entrepreneurs sur un rond point - espace délaissé de la ville. Cette pépinière spontanée offre la possibilité de partager et
mutualiser le petit matériel ou les équipements plus importants (compteur électrique, adduction d’eau potable, sanitaires etc.), et bien sûr de profiter de la convivialité du lieu.
Pour exercer son activité, elle décide de construire, avec l’aide de quelques amis, un local d’environ 15 m² comprenant : un établi spacieux, des rangements pour les outils, du stockage
pour les vélos et les pièces de rechange, une zone de vente et un bloc sanitaire.
Conditions d’acquisition ou de récupération des éléments de construction
En premier lieu, c’est le site du projet qui est récupéré, délaissé par la ville lors de son développement et de l’insoutenable étalement de ses voiries.
Le projet, quant à lui, est conçu à la fois en matériaux bon marché - achetés auprès des fournisseurs grand public, et en matériaux réemployés - glanés parmi les déchets trouvés dans la
rue ou récupérés auprès d’entreprises locales ou collectivités. Sont notamment mis en avant des matériaux de dimensions standards, pour des facilités de récupération et de mise en
œuvre.
Parmi les matériaux mis en œuvre, certains matériaux sont disponibles facilement, tels que les palettes Europe 80x120 cm ou les pneus, onéreux à évacuer et à traiter pour les garages
automobiles. D’autres, tels que les dalles de moquette ou les tubes de carton, sont récupérés directement auprès des industriels qui les considèrent plutôt comme chutes de production ou
déchets de conditionnement. Enfin, plus spécifiques, les bâches publicitaires d’évènementiel (classées M1), sont collectées auprès des services de la ville après utilisation.
Les menuiseries extérieures, le réseau électrique et la plomberie, points plus techniques, sont réalisés par des professionnels.
Condition de recyclage ultime de l’architecture créée
Le module est entièrement réalisé en construction sèche. Les assemblages sont principalement réalisés avec des vis (pas de rivets ni de clous) de façon à faciliter le démontage de
l’ouvrage.
De plus, tout le projet est conçu de manière à limiter la modification des matériaux : le fait de les conserver dans leur intégrité permet d’une part de ne pas en altérer les propriétés
initiales (si volonté de retour à l’usage premier), et d’autre part d’augmenter leur durée de vie en favorisant le réemploi et la réutilisation plutôt que le recyclage, limitant ainsi les
consommations d’énergie liées à leur transformation.
Ainsi, les palettes peuvent être réutilisées comme telles, détournées ou encore démontées pour obtenir du bois brut (planches + plots). Les pneus et dalles de moquette peuvent être
retournés dans les circuits de recyclage desquels on les a prélevés. Le bois – tasseaux, plaques OSB, poutres – qui a subit peu de transformations a conservé son potentiel et peut être,
s’il est resté en bon état, réutilisé. Dans le cas d’une trop grande usure, il peut être recyclé. Les bâches peuvent se voir offrir une troisième vie en servant à des créateurs pour la
fabrication d’objets ou comme matériau pour le textile (création de sacs etc.). Enfin, les tissus utilisés pour l’isolation pourront être transformés en isolant textile.
Quand le démontage du module sera venu, une journée « atelier libre » pourra être organisée, de manière à ce que tout un chacun puisse venir librement et gratuitement récupérer les
matériaux qu’il souhaite pour une autre utilisation. Une fois l’ensemble de la construction évacuée, le site retrouvera son aspect initial, comme si rien n’était venu l’investir hormis
quelques pousses ci et là…
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